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* Surface intérieure du plancher
Autres conseils
SÉCURITÉ
PUBLIQUE ET AMÉNAGEMENT FAUNIQUE
Pour certaines personnes, les parcs sont souvent perçus
comme des endroits peu sûrs. Ils comportent parfois des secteurs
où un usager peut-être isolé des autres, où
les cachettes sont nombreuses, et la fréquentation, variable.
La sécurité des visiteurs peut-être un problème
réel ou perçu.
Parmi les interventions le plus souvent employées
pour améliorer la qualité des habitats fauniques,
la création de bosquets, en particulier d'arbustaies hautes,
peut sembler contraignante pour le sentiment de sécurité
des usagers et rendre difficiles à accepter certains projets
d'aménagement. Il s'agit alors d'intégrer les aspects
de sécurité publique dans le concept d'aménagement.
Par exemple, on installera les plantations hautes à une certaine
distance des sentiers de façon à prévenir la
sensation d'insécurité qui pourrait naître chez
certains usagers, lors d'un passage dans un corridor de végétation
trop dense. Dans les endroits qui pourraient s'avérer problématique,
l'utilisation d'espèces végétales épineuses
peut décourager des malfaiteurs d'employer les bosquets d'arbustes
comme cachette.
Afin d'augmenter la sécurité dans les
parcs, on suggère de favoriser l'achalandage, notamment celui
des groupes et des clubs. L'amélioration des habitats fauniques,
en permettant un accroissement de la diversité des espèces
d'oiseaux, provoque un intérêt supérieur chez
les groupes d'ornithologues, les clubs de loisirs scientifiques,
etc. Il s'agit d'une clientèle d'observateurs soucieux de
la qualité de l'expérience vécue lors de leur
visite, ce qui amène une surveillance " naturelle "
des espaces verts susceptibles de diminuer le risque de méfaits.
OISEAUX
ET AUTRES ESPÈCES INDÉSIRABLES
En aménageant un espace vert pour favoriser
certaines espèces aviaires, il est probable que vous attirerez,
du même coup, d'autres espèces animales non visées.
Certaines, comme les prédateurs " naturels " font
partie de la chaîne alimentaire et ne doivent, à ce
titre, faire l'objet d'aucune mesure de répression ou de
contrôle. C'est le cas des oiseaux de proie diurnes, comme
les éperviers, qui pourraient chasser les passereaux et autre
petits oiseaux foisonnant au voisinage des postes d'alimentation.
Par contre, la présence (ou l'abondance) de
certaines autres espèces animales particulièrement
bien adaptées au milieu urbain pourrait comprendre les objectifs
d'accroissement de la biodiversité que vous vous êtes
fixés en aménageant le milieu. Ces espèces
opportunistes peuvent soit faire concurrence aux espèces
visées en exploitant de façon excessive les nouvelles
ressources disponibles, soit tirer profit des structures que vous
avez installées pour effectuer une prédation exagérée
au détriment de ces espèces. Les écureuils,
les oiseaux noirs (Étourneau sansonnet, Quinscale bronzé,
Carouge à épaulettes, Vacher à tête brune,
etc.), les moineaux domestiques, les goélands et pigeons,
les ratons laveurs ainsi que les chiens et les chats domestiques
en font partie.
À moins que ce ne soit pour régler un
problème grave (p. ex. : la présence d'un animal atteint
de rage), vous ne devez envisager aucune méthode de contrôle
ou de répression directe (capture et relocalisation ou élimination)
à leur endroit; en plus de nécessiter des autorisations,
ces procédures sont incompatibles avec les objectifs de conservation
et de restauration du milieu pour la faune qui sous tendent les
projets d'aménagements fauniques. On peut toutefois prendre
quelques précautions en concevant les structures de façon
à minimiser les problèmes potentiels avec ces espèces.
Lors de la construction et de l'installation des nichoirs,
il est impératif de respecter les critères de conception
propres à chacune des espèces qu'on souhaite attirer
(dimensions globales, dimensions de l'ouverture, présence
ou absence de plate-forme, nature et hauteur du support, etc.).
Sans être assorties d'une garantie absolue, ces précautions
peuvent réduire considérablement le risque de voir
les nichoirs occupés ou parasités par des espèces
non recherchées, et compliquent la tâche des prédateurs
potentiels.
Les postes d'alimentation doivent aussi être
conçus et installés avec soin afin d'en éviter
l'utilisation excessive par des espèces non visées.
À cette fin, on doit choisir les types de mangeoires appropriés
et les installer à une hauteur suffisante et à l'aide
d'un mode de suspension adéquat. L'ajout de longs cylindres
ou d'entonnoirs inversés, conçus en matériaux
lisses et installés sur les poteaux servant de support aux
postes d'alimentation, en réduit l'accès aux écureuils
et autres prédateurs terrestres. Les mangeoires doivent aussi
être placées à distance suffisante de la végétation
environnante, des clôtures et des fils électriques,
qui peuvent servir d'abri aux prédateurs et de tremplin aux
espèces chapardeuses.
Si leur emploi est utile dans certaines conditions
particulières, les mangeoires de type " plateau "
et celles placées au sol comportent certains inconvénients.
Les premières risquent d'attirer écureuils, pigeons
et oiseaux noirs, qui effarouchent souvent les espèces aviaires
de petite taille. Les secondes sont plus faciles d'accès
pour les chapardeurs, dont les écureuils et ratons laveurs,
et les prédateurs terrestres, dont les chats et les chiens.
À noter que l'emploi de maïs, dans ces postes d'alimentation,
augmente leur attrait pour les ratons laveurs et les oiseaux noirs
(voir annexe 4). Les deux types de mangeoires coûtent plus
cher en graines.
Les Étourneaux sansonnets et les Moineaux domestiques
nichent volontiers dans les entre-toits et autre ouvertures d'infrastructures
artificielles. Le fait de leur en interdire l'accès
Lors de la construction et de l'installation des nichoirs,
il est impératif de respecter les critères de conception
propres à chacune des espèces qu'on souhaite attirer
(dimensions globales, dimensions de l'ouverture, présence
ou absence de plate-forme, nature et hauteur du support, etc.).
Sans être assorties d'une garantie absolue, ces précautions
peuvent réduire considérablement le risque de voir
les nichoirs occupés ou parasités par des espèces
non recherchées, et compliquer la tâche des prédateurs
potentiels.
Les postes d'alimentation doivent aussi être
conçus et installés avec soin afin d'en éviter
l'utilisation excessive par des espèces non visées.
À cette fin, on doit choisir les types de mangeoires appropriés
et les installer à une hauteur suffisante et à l'aide
d'un mode de suspension adéquat. L'ajout de longs cylindres
ou d'entonnoirs inversés, conçus en matériaux
lisses et installés sur les poteaux servant de support aux
postes d'alimentation, en réduit l'accès aux écureuils
et autres prédateurs terrestres. Les mangeoires doivent aussi
être placés à distance suffisante de la végétation
environnante, des clôtures et des fils électriques,
qui peuvent servir d'abri aux prédateurs et de tremplin aux
espèces chapardeuses.
Si leur emploi est utile dans certaines conditions
particulières, les mangeoires de type " plateau "
et celles placées au sol comportent certains inconvénients.
Les premières risquent d'attirer écureuils, pigeons
et oiseaux noirs, qui effarouchent souvent les espèces aviaires
de petite taille. Les secondes sont plus faciles d'accès
pour les chapardeurs, dont les écureuils et ratons laveurs,
et les prédateurs terrestres, dont les chats et les chiens.
À noter que l'emploi de maïs, dans ces postes d'alimentation,
augmente leur attrait pour les ratons laveurs et les oiseaux noirs
(voir annexe 4). Les deux types de mangeoires coûtent plus
cher en graines.
Les Étourneaux sansonnets et les Moineaux domestiques
nichent volontiers dans les entre-toits et autres ouvertures d'infrastructures
artificielles. Le fait de leur en interdire l'accès en obstruant
les orifices, ou en le s munissant de grillage, diminue le pouvoir
d'attraction du milieu sur ces espèces.
Les groupes de pigeons et de goélands qui sévissent
dans certains parcs urbains réduisent la salubrité
du milieu et chassent, par leur nombre et leur attitude belliqueuse,
plusieurs espèces de petits oiseaux. Il faut donc voir à
ce qu'ils ne soient pas nourris par les usagers de l'espace vert
aménagé, que ce soit par une réglementation
appropriée ou par une compagne d'information. Une végétation
arbustive basse et une moindre superficie des zones ouvertes réduisent
considérablement l'attrait du milieu pour les goélands;
ces espèces se nourrissant au sol préfèrent
les vastes aires gazonnées, où elles sont moins susceptibles
de faire l'objet de prédation. Enfin, l'enlèvement
régulier des déchets permet de réduire l'attrait
de l'espace vert non seulement pour les pigeons et les goélands,
mais aussi pour les ratons laveurs, les mouffettes et les rats.
LES
ESPÈCES VÉGÉTALES INDÉSIRABLES
Lors de la planification des plantations, certaines
espèces végétales sont à proscrire ou,
du moins, à utiliser avec discernement.
Les essences envahissantes, qu'elles soient indigènes
ou exotiques, peuvent se répandre rapidement et supplanter
les autres espèces présentes aux alentours. Elles
amènent ainsi un appauvrissement de l'habitat, ce qui est
rarement profitable aux espèces animales. De plus, elles
sont souvent très difficiles à extirper du milieu
lorsqu'elles y sont implantées.
C'est notamment le cas de la Salicaire pourpre, une
espèce exotique dotée de fleurs pourpres en épis,
souvent présente dans les fossés longeant les routes,
sur les berges des cours d'eau et dans les milieux humides. Elle
s'installe et prospère si bien dans les tourbières
qu'elle finit par les " étouffer " en occupant
tout l'espace. D'autres plantes, comme le Phalaris roseau - pourtant
indigène - , sont aussi à surveiller, à ce
chapitre.
Bien que certaines espèces offrent un grand
intérêt pour la faune aviaire, elles présentent
aussi parfois certains inconvénients. Par exemple, l'IF du
Canada, qui est un conifère de faible taille, portant des
fruits rouges (arilles) très attrayants pour certaines espèces
d'oiseaux, ne peut-être utilisé à proximité
d'aires de jeu, de zones de pique-nique ou d'autres secteurs où
évoluent plus ou moins librement de jeunes enfants, car toutes
les parties de la plante sont toxiques pour les humains.
Le Sumac grimpant, communément appelé
" Herbe à la puce ", est aussi consommé
par certains oiseaux. Il n'est pas souhaitable d'en faire usage
volontairement dans les zones fortement fréquentées
(ou le sumac est souvent présent à l'état naturel),
étant donné son effet irritant bien connu chez un
grand nombre de personnes.
Le Célastre grimpant est une espèce
utilisée à la fois comme ressource alimentaire et
comme abri par plusieurs espèces d'oiseaux. Cependant, comme
l'indique son surnom de " Bourreau des arbres ", cet arbuste
peut tuer l'arbre autour duquel il s'enroule. Il faut donc user
de l'espèce avec parcimonie ou même s'abstenir de l'utiliser.
Certaines espèces d'arbres ou d'arbustes, particulièrement
les espèces hydrophiles , développent un système
racinaire imposant. Elles peuvent ainsi causer des dommages aux
canalisations souterraines ou aux solages des bâtiments voisins.
Il faut donc les en éloigner suffisamment au moment des plantations.
Les Saules et l'Érable argenté entrent dans cette
catégorie.
Pour des raisons de sécurité, d'autres
espèces arborescentes, qui atteignent des tailles imposantes
à l'âge adulte, ne devraient pas être plantées
sous des fils électriques aériens. Enfin, plusieurs
municipalités interdisent l'usage de certaines espèces
d'arbres. Renseignez-vous.
POURQUOI
CHOISIR DES ESPÈCES VÉGÉTALES INDIGÈNES
?
Plusieurs raisons motivent le choix d'espèces
végétales indigènes, de préférence
à des espèces exotiques. D'abord, on cherche à
recréer le milieu naturel régional. Les espèces
végétales indigènes attirent principalement
des oiseaux naturellement présents sous nos latitudes, plutôt
que des espèces introduites, comme le Moineau domestique
ou l'Étourneau sansonnet (Martin et coll. 1951, cité
par Cyr 1987).
De fait, les essences indigènes seraient davantage
utilisées par les espèces d'oiseaux au régime
alimentaire spécialisé, alors que les essences exotiques
auraient la faveur des oiseaux plus généralistes.
L'emploi de végétaux indigènes contribue à
maintenir une diversité élevée d'espèces
d'oiseaux (Sears et Anderson 1991). De plus, les végétaux
indigènes à votre région sont bien adaptés
aux conditions climatiques et présentent, en général,
une bonne résistance aux maladies et aux infestations d'insectes
locaux. Si les conditions qui prévalent sur votre site sont
adéquates pour elles, ces espèces s'y maintiendront
d'elles-mêmes, sans qu'une intervention ultérieure
ne soit requise de votre part.
Par ailleurs, les végétaux exotiques
peuvent s'avérer envahissants et faire concurrence aux espèces
indigènes locales, jusqu'à les éliminer. En
introduisant ces espèces sur votre site, vous pourriez rompre
l'équilibre du milieu que vous cherchez à créer
et même perturber les habitats naturels voisins.
Même si certaines espèces indigènes
sont difficiles à trouver sur le marché, il faut résister
à la tentation de récolter les plants nécessaires
à votre projet directement dans le milieu naturel. Il serait,
en effet, mal avisé d'endommager un habitat fonctionnel pour
en créer un autre ailleurs. Mieux vaut donc se procurer les
plants dans une jardinerie ou une pépinière.
Choisissez, de préférence, des variétés
produites à partir de semis québécois et même
si possible, de votre région, qui seront mieux adaptées
aux conditions de votre site. Faites-vous certifier que les végétaux
indigènes que vous achetez sont produits à partir
de graines, et non cueillis dans la nature.
LE
CHOIX DES VÉGÉTAUX
Plusieurs facteurs peuvent motiver le choix des espèces
végétales et des modes de plantation pour un site
donné. Certains sont d'ordre économique et pratique
: le budget du projet, la disponibilité des graines ou des
plants sur le marché, le taux de survie des plants, le nombre
et l'âge des planteurs, etc. Les prix varient considérablement
selon les espèces choisies. Les variétés cultivées
à grande échelle en pépinière sont souvent
offertes à un prix unitaire moindre que celles qui sont moins
en demande.
Le choix même d'un type de plant comporte à
la fois des avantages et des inconvénients.
Pour une même espèce, il est parfois possible de se
procurer des graines, des semis en multicellules, des plants à
racines nues, en motte ou en contenant. Les semis en multicellules
sont plus économiques, plus faciles à manipuler et
plus rapidement plantés que les plants en motte ou en récipient;
par contre, ils présentent généralement un
taux de survie très inférieur. Les plants à
racines nues, en motte ou en contenant arrivent aussi plus rapidement
à maturité que les graines et les semis et, par conséquent,
permettent d'atteindre plus rapidement les objectifs visés
par les aménagements. La variété des types
de semis et de plants disponibles en pépinière ou
en jardinerie est différente d'une espèce à
l'autre. Pour faire un choix éclairé, on peut consulter
plusieurs organismes publics ou privés qui se spécialisent
dans la plantation.
La région biogéographique où
se fera l'aménagement est un facteur qui peut influencer
le succès des plantations. Il importe que les espèces
choisies soient suffisamment rustiques pour la latitude et permettent
de recréer des associations végétales convenant
à la région.
L'espace vert choisi peut lui-même comporter
plusieurs secteurs de natures distinctes (champs, zones riveraines,
forêts, monticules, cuvettes, etc.), qui sont dotés
chacun de caractéristiques biophysiques propres : type de
sol, drainage, pente du terrain, degré d'ensoleillement et
d'exposition aux intempéries, acidité, etc. Les espèces
végétales sélectionnées pour chaque
habitat doivent pouvoir s'établir et prospérer sans
que des interventions constantes ne soient nécessaires pour
les y maintenir.
Afin d'assurer la sécurité des usagers
et l'intégrité des composantes artificielles du milieu,
on doit tenir compte de certains éléments contraignants,
comme la présence d'infrastructures, de voies d'accès,
de canalisations souterraines ou de fils aériens. Enfin,
il faut s'assurer que les espèces sélectionnées
ne sont pas interdites dans la municipalité où se
trouve le site.
LA
PLANTATION D'ARBRES ET D'ARBUSTES
Certaines procédures permettent d'accroître
les chances de succès des plantations d'arbres et d'arbustes.
Entre le moment de leur réception et celui
où ils sont mis en terre, les plants doivent être conservés
à l'abri du soleil et des intempéries, et leurs racines,
couvertes, afin d'en prévenir le dessèchement. Les
plants qui ne sont ni en motte, ni en récipient doivent être
plantés dès que possible ou, à tout le moins,
placés en jauge.
De façon générale, les meilleures
périodes pour planter arbres et arbustes sont le printemps,
après le dernier gel (mais avant l'ouverture des bourgeons
pour les feuillus), et l'automne, avant le premier gel (après
la chute des feuilles pour les feuillus). On peut aussi les mettre
en terre pendant l'été, mais le taux de survie des
plants risque d'être inférieur, surtout si ceux-ci
ne sont ni en mottes, ni en récipient. Si tel est le cas
pour votre projet, voyez à ce que les plants reçoivent
un arrosage adéquat. La mise en terre doit se faire de préférence
tôt le matin ou en fin d'après-midi et, si possible,
par temps couvert.
Lors de leur plantation, les arbres et arbustes doivent
être placés dans des trous de taille suffisante pour
contenir les racines entièrement déployées.
La terre de remplissage du trou doit être amendée,
si nécessaire, à l'aide de compost ou de terreau.
Au moment du remplissage du trou, la terre doit être tassée
et former une cuvette autour du tronc. Le sol doit être arrosé
et couvert de paillis (lequel permet de maintenir un taux d'humidité
suffisant et de contrôler la croissance de végétation
concurrente sur le pourtour du plant).
Si nécessaire, on installe des tuteurs et on
ceinture le tronc d'une gaine ou d'une spirale de plastique (on
peut aussi installer un grillage métallique) qui protégera
l'arbre contre le broutement des rongeurs, des lapins (ou des lièvres)
et des chevreuils.
Les plants doivent être espacés en tenant
compte du déploiement des différentes espèces
à maturité. Pour obtenir une plantation d'allure naturelle,
il faut éviter de planter en rangées. Mieux vaut placer
les plants de façon irrégulière, par exemple
en quinconce, dans un désordre organisé.
PESTICIDES,
RODENTICIDES, HERBICIDES ET ENGRAIS CHIMIQUES
En plus d'ajouter des coûts importants à
un projet d'aménagement, les pesticides, rodenticides et
herbicides chimiques peuvent nuire aux oiseaux (et à plusieurs
autres espèces animales, d'ailleurs) autant directement qu'indirectement.
En effet, certaines substances et leurs produits de
dégradation peuvent intoxiquer plusieurs espèces aviaires
ou réduire de façon substantielle le nombre ou la
variété des proies dont elles se nourrissent. Les
engrais chimiques, quant à eux, sont souvent inutiles lorsque
le sol a été correctement apprêté avant
la plantation. Du paillis ou du fumier peuvent souvent être
utilisés en remplacement des engrais. Les végétaux
morts laissés en place jouent le même rôle.
Dans la mesure du possible, il est préférable
d'avoir recours à des méthodes plus naturelles. Un
paillis de copeaux de bois ou des toiles géotextiles étendus
au sol peuvent souvent faire office d'herbicides qu'il s'agisse
d'étouffer de la pelouse avant une plantation ou de favoriser
la croissance de plants nouvellement mis en terre par le contrôle
de la végétation concurrente.
Des méthodes mécaniques peuvent aussi
être utilisées. Pour protéger les jeunes arbres
et arbustes contre le broutement des rongeurs, on peut installer
des gaines ou des spirales de plastique, ou même des grillages
autour des troncs.
LA
STABILISATION DE BERGES
L'érosion des rives est un phénomène
naturel. Il s'agit d'un mécanisme d'ajustement à diverses
contraintes hydrauliques ou mécaniques. L'activité
humaine peut, comme c'est le cas dans certains parcs publics, accélérer
ou amplifier les phénomènes d'érosion, ou encore
envisager la stabilisation de berges afin de conserver ou de créer
des habitats riverains.
La végétation riveraine constitue un
habitat pour la faune et la flore, une barrière contre l'apport
de sédiments aux cours d'eau, un écran contre le réchauffement
excessif de l'eau un régulateur du cycle hydrologique, un
filtre pour les nutriments et un brise-vent naturel.
L'emploi des végétaux à la place
de matériaux de construction inertes, pour la stabilisation
des berges, présente plusieurs avantages. Les techniques
végétales offrent une résistance souple aux
forces érosives, gagnent en stabilité avec le temps
et peuvent très facilement s'adapter à d'autres méthodes
de stabilisation. En berge, elles augmentent la capacité
de la rive à résister aux forces de cisaillement produites
par le courant, grâce à la mise en place d'un réseau
de racines, et protègent la rive en amortissant l'impact
mécanique des pluies, freinant l'eau du ruissellement et
en formant un coussin végétal qui protège le
sol.
Bien que les techniques végétales soient
très avantageuses, elles ne peuvent solutionner tous les
problèmes. Ainsi, pour préserver l'intégrité
des berges contre une trop forte pression due au courant naturel,
aux apports d'eau irréguliers, comme un évacuateur
de crue, ou dans le cas d'attaque printanière des glaces
sur le littoral, il est parfois nécessaire de recourir à
des aménagements qui font intervenir des matériaux
inertes, comme la roche, les murets ou le géotextile. Cependant,
il est de mise d'intégrer, dans la mesure du possible, des
végétaux afin de créer un habitat pour la faune.
Pour être pleinement efficace et recréer
le milieu naturel, la bande riveraine doit comporter trois strates
de végétation : herbacée, arbustive et arborescente.
La première protège surtout en surface, tandis que
les deux autres offrent une protection plus étendue et plus
en profondeur. La flexibilité des espèces arbustives
leur permet de survivre dans des conditions difficiles, notamment
en s'ajustant aux dommages causés par la neige, les glaces
ou les matériaux charriés par l'eau.
Une bande de protection trop étroite ne permet
pas une réelle implantation de la végétation
arborescente, ni une grande variété d'arbustes. Ces
derniers seront choisis en fonction de leur position sur la berge
et de leur tolérance aux inondations. Ils devront posséder
un système racinaire qui s'implante profondément dans
le sol, être résistants aux forces d'arrachement et
montrer une grande capacité de régénération
après abris. Selon les conditions qui prévalent sur
un site donné, des bandes riveraines de 10 à 15m de
largeur sont généralement recommandées pour
assurer une protection contre l'érosion.
Le Guide de protection des rives et du littoral, publié
par le ministère de l'Environnement et de la Faune du Québec,
indique plusieurs méthodes d'intervention faisant appel à
des végétaux pour stabiliser la berge.
LE
CALCUL DU NOMBRE DE VÉGÉTAUX NÉCESSAIRES
À moins que vous envisagiez de ne planter que
quelques végétaux ici et là, il vous sera nécessaire
d'effectuer certains calculs pour obtenir une estimation réaliste
du nombre de plants d'arbres, d'arbustes et d'herbacées requis
pour chaque zone d'intervention de votre site d'aménagement.
Pour chacune de ces zones, vous devez avant tout déterminer,
à la lumière des recommandations figurant à
la section " Stratégies et options d'aménagement
", la superficie de plantation. Comme les plantations sont
généralement constituées de mélanges
d'espèces, il faut ensuite choisir quelle proportion de l'aide
globale sera occupée par chacune d'elles.
LES
ARBRES ET LES ARBUSTES
Pour estimer le nombre de plants d'arbres ou d'arbustes
d'une espèce donnée nécessaire pour couvrir
une certaine superficie, il faut d'abord connaître son déploiement,
c'est-à-dire le diamètre moyen atteint par la couronne
d'un individu à maturité. L'annexe 3 fournit cette
information pour plusieurs espèces indigènes. (Comme
il existe souvent plusieurs variétés d'une même
espèce sur le marché, il est toutefois suggéré
de consulter des guides horticoles ou de vous renseigner auprès
de vos fournisseurs de végétaux pour connaître
le déploiement particulier des variétés employées).
Cette donnée permet de connaître l'aire couverte par
un individu et de calculer, par la suite, le nombre de plants de
cette espèce requis pour couvrir la portion sélectionnée
de la surface de plantation.
Voici un cas hypothétique qui permet d'illustrer
la procédure à suivre.
Une plantation de 20m sur 25 (500m2) doit être
composée d'un agencement des espèces a, b, c et d.
La proportion de la superficie occupée par chacune des espèces
sera la suivante : a couvrira 35% de la superficie (175 m 2); b
couvrira 30% de la superficie (150m2), c couvrira 20% de la superficie
(100m2) et d couvrira 15% de la superficie (75m2).
Espèce a : Mesures individuelles
Diamètre (déploiement) : 7m
Rayon : diamètre divisé par 2= 3,5m
Aire : pr2 = 3,1416 x (3,5m)2 = 38,5m2
Nombre de plants requis
Superficie occupée par l'espèce dans la plantation
divisé par aire d'un individu = 175 m2 divisé par
38,5m2 = 4,5 plants
Espèce b : Mesures individuelles
Diamètre (déploiement) : 4,5m
Rayon : diamètre divisé par 2 = 2,25m
Aire : pr2 = 3,1416 x (2,25m)2 = 15,9m2
Nombre de plants requis
Superficie occupée par l'espèce dans la plantation
divisé par aire d'un individu = 150m2 divisé par15,9m2
= 9,4 plants
Espèce c : Mesures individuelles
Diamètre (déploiement) : 2m
Rayon : diamètre divisé par 2 = 1m
Aire : pr2 = 3,1416 x (1m)2 = 3,1m2
Nombre de plants requis
Superficie occupée par l'espèce dans la plantation
divisé par aire d'un individu = 100m2 divisé par 3,1m2
= 32,3 plants.
Espèce d : Mesures individuelles
Diamètre (déploiement) : 1m
Rayon : diamètre divisé par 2 = 0,5m
Aire : pr2 = 3,1416 x (0,5m)2 = 0,8m2
Nombre de plants requis
Superficie occupée par l'espèce dans la plantation
divisé par aire d'un individu = 75m2 divisé par 0,8m2
= 93,7 plants.
LES
PLANTES HERBACÉES
En ce qui a trait aux espèces herbacées,
c'est à partir de l'espacement suggéré entre
les plants par le producteur que vous pourrez évaluer le
nombre de plants. Consultez les guides horticoles ou les jardineries
pour connaître cet espacement pour les espèces végétales
choisies.
Vous pouvez effectuer un calcul analogue à celui présenté
ci-dessus (en remplaçant le diamètre par l'espacement
nécessaire entre les plants d'herbacées). Si vous
avez recours à des graines d'herbacées en sac, utilisez
les consignes des producteurs pour évaluer vos besoins :
ceux-ci spécifient généralement la superficie
couverte par une quantité de graines donnée.
On peut choisir d'effectuer des plantations plus espacées
ou plus denses que celles suggérées ci-dessus. Toutefois,
à moins que vous ne soyez très pressés d'obtenir
des résultats, n'effectuez pas de plantations plus denses
que nécessaire. N'oubliez pas qu'après quelques années,
la nature effectuera elle-même son uvre : les végétaux
plantés et leurs rejetons combleront l'espace disponible.
Après coup, vous pourrez toujours ajouter quelques plants
supplémentaires, si le besoin s'en fait sentir. Vous optimiserez
ainsi vos efforts et l'argent dont vous disposerez.
L'important est surtout de créer des structures
et des agencements de végétaux favorables à
l'établissement d'espèces aviaires, à moyen
ou à long terme. Dans le doute, examinez des milieux naturels
de types comparables à ceux que vous cherchez à créer
et utilisez-les comme guides.
LE
CALCUL DES BESOINS EN MAIN-D'UVRE
Les besoins en main-d'uvre varient selon l'ampleur
du travail à effectuer aux différentes phases du projet
: préparation préalable du terrain, plantations et
installation des structures de nidification, de mangeoires, etc.
finalisation et entretien initial. Le type et la taille des plants
choisis pourront aussi faire fluctuer le nombre d'heures de travail
requis (voir à ce sujet l'annexe 3).
De la même façon, l'expérience
et l'âge des participants doivent être pris en considération
au moment de l'évaluation des besoins. Des adultes novices,
des personnes âgées ou des enfants, par exemple, travailleront
plus lentement que des adultes rompus aux travaux d'aménagement.
Moins les participants sont expérimentés, plus il
est important de prévoir une marge de manuvre en termes
de nombre de personnes requises ou de durée d'exécution.
Les facteurs climatiques (p. ex, canicule ou pluie
intermittente) pourraient aussi avoir une incidence sur l'efficacité
de la main-d'uvre, les jours de travaux.
L'estimation de vos besoins en main-d'uvre vous
permettra d'obtenir le nombre d'heures-personnes requises pour chacune
des phases de votre projet. Cette information vous sera utile autant
lors des demandes de fonds (peu importe que ces heures soient rémunérées
ou non) qu'au moment de l'organisation de vos travaux de terrain.
Le temps requis pour la préparation du terrain
comme pour la finalisation du projet peut varier considérablement
selon l'état du terrain, le nombre et la nature des aménagements
que vous y effectuerez et l'équipement dont vous disposerez.
Identifier soigneusement toutes les opérations à effectuer
et estimez le temps requis pour chacune d'elles.
LES
PLANTATIONS
En ce qui a trait aux plantations, c'est surtout le
nombre d'arbres et d'arbustes et le type de plants à mettre
en terre en détermine le nombre d'heures-personnes nécessaires.
Quoiqu'ils ne permettent pas d'obtenir un chiffre absolu, certains
indicateurs peuvent vous aider à déterminer vos besoins
en main-d'uvre à ce chapitre.
On évalue qu'une équipe de 5 personnes
expérimentées plante 250 arbres ou 2500 arbustes de
petite taille par journée de 7,5 heures. On peut donc estimer
que 6,7 arbres ou 66,7 arbustes seront, en moyenne, plantés
à chaque heure par une personne.
Voici une méthode de calcul qui vous permettra
d'estimer grossièrement le temps requis pour réaliser
vos travaux de plantation d'arbres et d'arbustes. Prenons un exemple
permettant d'illustrer la méthode utilisée.
Un projet d'aménagement implique la plantation
de 500 arbres et de 3000 arbustes.
Heures-personnes requises pour la plantation d'arbres
:
1 heure-personne divisé par 6,7 arbres = (x) heures-personnes
divisé par 500 arbres (x) = 74,6 heures-personnes.
Heures-personnes requises pour la plantation d'arbustes
:
1 heure-personne divisé par 66,7 arbustes = (y) heures-personnes
divisé par 3000 arbustes (y) = 45,0 heures-personnes.
Heures-personnes totales requises pour la plantation
d'arbres et d'arbustes : (x) + (y) = 74,6 + 45,0 = 119,6 heures-personnes.
Il faudra donc près de 6 heures à une
équipe de 20 personnes, ou 4 heures à une équipe
de 30 personnes, pour réaliser le travail de plantation.
Rappelez-vous, toutefois, qu'il s'agit d'équipes
de planteurs aguerris, travaillant de façon intensive. Par
conséquent, prévoyez davantage de temps pour des bénévoles,
particulièrement s'ils sont très jeunes ou âgés.
Si vos plantations impliquent la mise en terre d'arbres ou d'arbustes
de taille importante, il faudra aussi prévoir plus de temps.
N'oubliez pas d'évaluer le temps nécessaire à
la plantation des végétaux herbacés ou à
l'épandage des graines.
L'installation
de nichoirs, de postes d'alimentation et de bassins d'eau
La construction de nichoirs, de postes d'alimentation
et de bassins d'eau peut-être plus ou moins longue, selon
la taille et la complexité des structures, l'expérience
du constructeur en matière de menuiserie et de bricolage,
et l'outillage qu'il a à sa disposition. Une personne habile
et bien outillée mettra au moins 5 heures pour construire
un dispositif simple, et un minimum de 10 heures pour en bâtir
un plus complexe (les nichoirs à hirondelles grégaires,
par exemple).
De la même façon, la durée d'installation
des nichoirs et postes d'alimentation est très variable.
La nature (taille, poids, mode de suspension) du dispositif et son
emplacement (secteur éloigné des accès, exposé
au vent ou présentant un risque de vol ou de vandalisme élevé)
sont des facteurs à prendre en considération à
ce chapitre. Aussi faut-il compter au moins 30 minutes pour installer
chaque dispositif.
Les emplacements de nidification pour le Martin-pêcheur
et l'Hirondelle de rivage, où les bassins d'eau à
même le sol sont des structures plus complexes, dont la fabrication
doit souvent s'échelonner sur de nombreuses heures, réparties
en plusieurs jours.
MATÉRIAUX
ET MACHINERIE SOUVENT UTILISÉS
Machinerie et équipement
Véhicules pour le transport des gens et des
matériaux
Véhicules tout-terrain et remorques
Rotoculteur
Citernes d'eau
Boyaux d'arrosage et seaux
Brouettes
Matériaux
Plants d'arbres, d'arbustes et d'herbacées
Graines
Nichoirs
Postes d'alimentation
Cuvettes ou toiles géotextiles pour les bassins d'eau
Gants
Bâches (pour couvrir les plants non encore mis en terre)
Pelles et bêches, masses, cisailles, marteaux, tournevis,
pinces, etc.
Vis, clous, etc.
Étiquettes ou rubans de couleur (pour identifier les différentes
espèces d'arbres et marqueurs)
Tuteurs (poteaux, fils métalliques et bandes de caoutchouc)
Protecteurs contre le broutement (gaines ou spirales de plastique
ou de caoutchouc, grillages, etc.)
Haubans (câbles métalliques et bandes de caoutchouc)
Bois
Terre, terreau et fumier
Paillis
Ciment (pour la base des poteaux de nichoirs et de postes d'alimentation
et la construction de bassins d'eau)
Divers
Bureau
Papeterie
Photocopies
Photos de développement
Timbres
Terrain
Permis
Papiers d'assurances
Cartes du site et des emplacements d'aménagement pour chaque
équipe de travail
Papiers, cahiers et crayons
Téléphones cellulaires
Walkies-talkies
Nourriture et boissons
Distributeurs d'eau
Verres, assiettes et ustensiles
Glacières
Trousse de premiers soins (avec les numéros téléphoniques
des services d'urgence)
Toilettes chimiques
Poubelles et bacs à recyclage
LA
CONSTRUCTION D'UN NICHOIR
Le modèle et la taille des nichoirs, de même
que le diamètre de leur entrée (ouverture) doivent
être adaptés selon les espèces aviaires visées
(voir à ce sujet les fiches appropriées de "
Stratégies et options d'aménagement "). Cependant,
certaines règles générales s'appliquent quant
à leur construction.
L'utilisation de bois traités pour résister
aux intempéries ou de bois pressés est à proscrire,
car ceux-ci peuvent dégager des éléments toxiques.
Par ailleurs, les bois de conifères pourrissent moins facilement
que les bois provenant d'arbres feuillus.
Le toit ou le plancher du nichoir devrait être
amovible afin d'en permettre le nettoyage. Des trous dans le haut
des murs, immédiatement sous le toit, et dans le plancher
du nichoir permettent, respectivement, l'aération et l'écoulement
de l'eau de pluie.
À moins d'indications contraires, on n'installe pas de perchoir
ou de plate-forme à l'entrée du nichoir afin d'en
diminuer l'attrait pour des espèces comme le Moineau domestique
et d'en restreindre l'accès aux prédateurs. Afin d'empêche
les prédateurs d'avoir accès au nid en grugeant et
en agrandissant l'entrée, on peut installer, sur le trou
d'entrée, une plaque de métal percée d'un trou
de même diamètre.
Quoique cela ne soit pas souhaitable, si on désire
peindre ou teindre l'extérieur du nichoir, il faut choisir
un enduit exempt de plomb ou d'autres éléments toxiques
et l'appliquer suffisamment longtemps avant la nidification pour
que l'odeur soit disparue au moment de l'installation. On doit préférer
une couleur discrète à une couleur vive.
L'INSTALLATION
D'UN NICHOIR OU D'UN POSTE D'ALIMENTATION
Les nichoirs et postes d'alimentation doivent être
solidement installés, dans la mesure du possible, hors d'atteinte
des prédateurs terrestres (écureuils, ratons laveurs,
chats, visons, etc.) et des vandales ou des voleurs potentiels.
Les nichoirs
Les caractéristiques d'installation des nichoirs
varient selon les espèces aviaires visées. À
cet effet, consultez les fiches appropriées des " Stratégies
et options d'aménagement ". Toutefois, en respectant
les conditions suivantes, vous pouvez accroître les chances
que les oiseaux utilisent la structure. On attachera donc une attention
particulière :
- Au type de suspension (arbre ou poteau);
- À l'élévation par rapport au
sol ;
- À la position par rapport aux infrastructures
(certaines espèces sont particulièrement farouches),
à la végétation et aux plans d'eau environnants
(selon l'habitat de prédilection de l'espèce);
- À l'espacement minimum entre nichoirs d'une
même espèce (selon qu'elles soient grégaires
ou concurrentes);
- À l'éloignement minimum par rapport
aux milieux fréquentés par les espèces prédatrices
ou parasites, etc.
Sauf mention contraire, les nichoirs doivent recevoir
au moins quelques heures de soleil par jour. Par contre, l'entrée
ne doit pas être exposée aux vents dominants et à
la pluie, afin de ne pas hypothéquer la survie des nichées.
Les postes d'alimentation doivent être facilement
accessibles en toute saison pour en permettre le nettoyage et le
remplissage. En effet, une mangeoire située loin de tout
sentier, dans le bois ou au milieu d'un champ, est peut-être
aisément ravitaillée en été, mais il
en ira tout autrement en hiver, alors qu'une épaisse couche
de neige recouvrira le sol.
D'ailleurs, comme les postes d'alimentation sont souvent
des pôles d'attraction pour les usagers qui désirent
observer les oiseaux, il est souhaitable de les placer à
proximité de sentiers.
Les postes d'alimentation
Les postes d'alimentation de différents types
peuvent être réunis par groupes, mais en éloignant
quelque peu ceux destinés aux petites espèces aviaires
pouvant être effrayées par les plus grosses.
Les grillages et autres pièces métalliques
sont à proscrire sur toutes les portions de mangeoire avec
lesquelles les oiseaux peuvent entrer en contact, car elles pourraient
leur causer des blessures en hiver.
La plupart des espèces aviaires seront plus
enclines à fréquenter les postes d'alimentation et
à utiliser les nichoirs si des perchoirs (de préférence
des arbustes ou des arbres) se trouvent à proximité
c'est-à-dire environ 5m de distance.
Toutefois, les postes d'alimentation doivent être
installés suffisamment loin (au moins 3m) de la végétation
adjacente et des bâtiments pour que les écureuils et
autre prédateurs ou chapardeurs potentiels ne puissent s'en
servir comme d'un tremplin. S'ils sont placés sur un poteau
(2m de hauteur au moins), celui-ci doit être muni d'un entonnoir
inversé, d'un collet horizontal circulaire ou d'une graine
de plastique, ou encore enduit d'au moins 30cm de graisse. Si les
nichoirs sont accrochés à des arbres, on peut aussi
installer différents types de protection anti-prédateur
aux troncs ou aux branches.
L'INSTALLATION
D'UN BASSIN D'EAU AU SOL OU D'UNE VASQUE D'EAU SUR PIED
L,'eau peut-être fournie dans des bassins construits
à même le sol ou dans des vasques sur pied préfabriquées.
Leur fond doit être antidérapant et leur profondeur
maximale ne doit pas excéder 5 à 7 cm. On peut placer
plusieurs pierres en leur centre, lesquelles serviront de perchoirs.
S'il est préférable de placer les bassins
et vasques à l'ombre et non loin de végétaux
pouvant servir de perchoirs, il faut néanmoins les en éloigner
suffisamment pour que d'éventuels prédateurs à
l'affût ne puissent pas trop s'en approcher sans être
vus. On verra à ne pas les installer sous des postes d'alimentation
ou des perchoirs, afin d'éviter que l'eau ne soit souillée
par les résidus de graines et les fientes.
Un dispositif dispensant l'eau au goutte-à-goutte
ou sous forme de bruine permet d'accroître l'attrait du bassin
pour les oiseaux. Dans les parcs situés loin de sources d'eau
libre durant l'hiver, on peut munir les bassins de chauffe-eau submersibles
de manière à ce qu'ils soient fonctionnels toute l'année.
Cela suppose toutefois que l'on dispose de raccordements électriques
appropriés.
L'ORGANISATION DU TRAVAIL DE TERRAIN POUR UN PROJET COMMUNAUTAIRE
Un projet communautaire d'aménagement fait
souvent appel, pour les travaux de terrain, à des groupes
de bénévoles ou à des clubs sociaux enthousiastes,
mais parfois peu expérimentés. Il n'y a pas d'inconvénient
majeur à ce que vous ayez recours à cette main-d'uvre
bénévole, pourvu qu'elle soit bien encadrée.
La première étape consiste à
dresser la liste des participants. Prenez note des noms et coordonnées
des groupes et des individus qui vous offrent leur aide pour les
travaux d'aménagement. Mieux vaut en avoir plus que moins.
Ensuite, divisez les participants en équipes
de terrain et partagez les tâches à effectuer. Identifiez
des chefs d'équipes et assurez-vous qu'ils savent de façon
précise ce qu'il y a à faire et de quelle façon
s'y prendre. Il est très important que ces responsables soient
adéquatement formés. Si personne de votre groupe n'a
de connaissances valables dans l'aménagement et la plantation
d'arbres, assurez-vous les services d'une personne expérimentée
dans le domaine, qui prendra en charge la formation des chefs d'équipe
et la coordination de l'ensemble du projet.
La prochaine étape consiste à organiser
une réunion à laquelle vous convierez tous les participants
au travail de terrain. Lors de cette rencontre :
- Présentez-leur brièvement le projet
(contexte, objectifs visés, plans d'aménagement, etc),
expliquez-leur le travail qu'ils auront à faire et dites-leur
de quelle façon les choses seront organisées ;
- Profitez de l'occasion pour leur transmettre quelques
notions techniques qui leur seront utiles (p. ex., de quelle façon
planter un arbre). Ils seront par la suite encadrés par les
chefs d'équipe;
- Remettez-leur une feuille sur laquelle figureront
diverses informations telles : les dates et heures de travaux (ainsi
que les dates alternatives en cas de pluie), des suggestions de
tenue vestimentaire, la liste des outils que vous souhaitez les
voir apporter, s'ils doivent ou non apporter un lunch, etc.
Si le projet a une certaine envergure, il importe
d'engager une personne d'expérience, qui encadrera les chefs
d'équipe et s'occupera de la coordination du projet. Quelques
bénévoles pourront voir à l'organisation des
activités suivantes : l'inscription des participants, la
distribution des outils, les premiers soins, les repas et collations,
la garderie, etc.
La personne responsable des inscriptions consigne
le nom et les coordonnées des participants, leur remet les
plans et instructions et les répartit par équipe de
terrain. Le chef d'équipe distribue les outils et matériaux
requis et note le nom de leur récipiendaire. (Si les participants
apportent leurs propres outils, on leur demande de les identifier.)
À la fin de la journée, il récupère
l'outillage et les pièces d'équipement prêtées.
La personne chargée des premiers soins s'occupe
des blessures mineures et, s'il y a lieu, achemine les cas plus
sérieux vers une clinique ou un hôpital local. Idéalement,
cette personne est un professionnel de la santé ou un secourisme.
La personne qui s'occupe des repas et collations voit,
avec d'autres bénévoles, à la distribution
des aliments, des boissons et de l'eau au cours de la journée.
Les jeunes enfants peuvent être pris en charge
par une équipe de garderie pendant que leurs parents participent
aux travaux. Les enfants plus âgés peuvent être
intégrés aux équipes de terrain dans la mesure
où ils ont supervisés par un adulte.
Dans le cas de gros projets, il peut être utile
d'avoir une personne qui circule d'une équipe à l'autre
pour assurer la liaison entre les équipes de terrain et l'équipe
de coordination et faire part à cette dernière des
problèmes. En cas de nécessité, elle fera aussi
parvenir les matériaux manquants aux équipes de terrain.
Dans les cas de gros chantiers, il peut être
avisé de faire appel à un architecte paysagiste ou
à un consultant dans le domaine.
LES ZONES D'EXCLUSION
Lorsqu'une zone de plantation ou de reboisement naturel
n'est pas clairement délimitée (notamment si les plants
sont de petite taille), lorsqu'elle est située dans une portion
du parc intensivement fréquentée par les usagers (p.
ex., aires de jeu ou de pique-nique et sentiers) ou en bordure de
secteurs faisant l'objet d'un entretien régulier (p. ex.,
pelouses fréquemment tondues et stationnements), elle risque
de subir le piétinement ou l'empiètement par la machinerie
d'entretien. Or, des perturbations fréquentes ou intensives
peuvent hypothéquer la survie de jeunes plants.
Il est donc préférable d'identifier les limites de
ces zones de plantation ou de reboisement à l'aide de clôtures
temporaires, formées de rubans de plastique, de cordes ou
de broche.
On peut aussi solliciter la collaboration des usagers
en ajoutant des panneaux faisant état de la nature et du
but d'une telle intervention. Cette dernière mesure sera
plus efficace si elle est appliquée de concert avec un programme
de sensibilisation des citoyens aux objectifs et aux résultats
escomptés du projet d'aménagement.
LA
PRÉVENTION DU VOL ET DU VANDALISME
Toute structure installée dans un lieu public
est susceptible de subir le vandalisme ou de faire l'objet d'un
vol. Les nichoirs, postes d'alimentation, bassins d'eau, etc. devraient
donc être de construction solide, dans la mesure du possible,
hors d'atteinte des pillards potentiels. Il faut les fixer solidement
et éviter de les munir de pièces trop fragiles ou
facilement amovibles. Sans être inesthétiques, ces
installations devraient être simples et dépourvues
de fioritures. (Mieux vaut éviter les " uvres
d'art ", qui exciteraient la convoitise, sans être, pour
autant, plus attrayantes pour les oiseaux !)
Certains aménagements pourraient aussi être
endommagés de façon involontaire par les usagers.
Ce pourrait être le cas, par exemple, d'une plantation piétinée
parce que ses contours sont peu ou pas circonscrits. Dans une telle
situation, mieux vaudrait installer des ex clos et des panneaux
explicatifs, renseignant les utilisateurs au sujet des buts visés
par l'intervention.
SUIVI
ET ENTRETIEN
Une fois les structures installées et les plantations
réalisées, certaines interventions restent à
faire pour assurer le succès du projet et maintenir en état
les différents dispositifs.
À court terme (au cours des deux ou trois premières
années suivant les aménagements), on doit procéder
à l'arrosage régulier des plantations. Cela est particulièrement
important en période de canicule. L'ajout de paillis ou d'engrais
naturel sur le pourtour des plants peut parfois s'avérer
rentable.
Les protecteurs d'arbres (gaines, spirales et grillages)
doivent quelquefois être remplacés ou allongés
pour suivre la croissance de l'arbre ou de l'arbuste (il faut que
le plant soit couvert au-delà de l'épaisseur de la
neige). Lorsque les plants d'arbres et d'arbustes sont bien établis,
on peut les débarrasser de leur tuteur.
Les plantes bandes de fleurs annuelles destinées
aux colibris doivent être renouvelées. Même si
on laisse en place, dans la mesure du possible, les plants d'arbres
ou d'arbustes morts, on doit parfois remplacer certains individus
pour maintenir la fonction des plantations.
À plus long terme, on doit ravitailler les
postes d'alimentation en graines et faire le nettoyage annuel des
nichoirs. Au besoin, ces structures doivent être remplacées
ou réparées. Si certains nichoirs restent inutilisés
par les espèces aviaires visées, après quelques
saisons, il peut être judicieux de les relocaliser.
Les sentiers doivent faire l'objet d'un entretien
régulier afin d'en éviter la dégradation; un
tracé imprécis pourrait inciter les usagers à
déborder les limites du sentier et, par conséquent,
à piétiner la végétation environnante.
Des ajustements sont parfois nécessaires pour
faire face à des problèmes de vol ou de vandalisme.
L'ENTRETIEN
D'UN NICHOIR
Pour les maintenir en état et assurer leur
efficacité maximale, il faut entretenir régulièrement
les nichoirs.
L'extérieur du nichoir doit être inspecté
annuellement et, au besoin, être réparé ou repeint.
Afin d'en maximiser la durée de vie, il est préférable
de remiser les nichoirs pour l'hiver et de ne les réinstaller
qu'au printemps.
L'intérieur doit être nettoyé
après chaque nichée - certaines espèces d'oiseaux
produisent plus d'une nichée par année -, afin d'empêcher
la prolifération de parasites. On retire du nichoir tous
les matériaux de nidification résiduels et on le désinfecte
à l'aide de pyréthrine, un insecticide produit à
partir de chrysanthèmes.
Certains canards et oiseaux de proie seront plus enclins
à utiliser le nichoir qui leur est destiné si on y
a préalablement déposé une litière formée
de copeaux de bois ou d'herbes sèches.
Les supports à Hirondelles à front blanc
doivent aussi être dépouillés de leurs nids
de boue après la saison de reproduction.
Si le nichoir a été retiré pendant
l'hiver, on le remet en place au printemps, peu avant l'arrivée
présumée de l'espèce visée, afin d'éviter
que certains nicheurs hâtifs, comme le Moineau domestique
ou l'Étourneau sansonnet, se l'approprient. On peut aussi
laisser le nichoir en place à l'automne et en obstruer le
trou d'entrée jusqu'au retour de l'espèce, au printemps
suivant.
Dans l'éventualité où le nichoir
n'aurait pas été occupé par l'espèce
aviaire ciblée après deux ou trois saisons de nidification,
il pourrait être opportun de le relocaliser.
L'ENTRETIEN
D'UN POSTE D'ALIMENTATION OU D'UN BASSIN D'EAU
Les postes d'alimentation peuvent être utilisés toute
l'année ou uniquement pendant les périodes plus froides.
Toutes les mangeoires - mais plus particulièrement
les plateaux au sol, qui sont exposés aux intempéries
- doivent être nettoyés plusieurs fois par saison,
surtout en été, de manière à empêcher
la formation de moisissures.
Il est essentiel que les postes d'alimentation soient
ravitaillés fréquemment et sans interruption, particulièrement
l'hiver, alors qu'ils constituent une des principales sources d'alimentation
pour plusieurs oiseaux.
Si les bassins ou les vasques ne sont pas munis de
dispositifs permettant la circulation continuelle l'eau, celle-ci
doit être remplacée tous les deux ou trois jours, et
les fonds de cuvette, désinfectés, afin de prévenir
la prolifération d'algues et de bactéries. Cela est
particulièrement important pendant les canicules estivales.
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