TRUCS ET CONSEILS


Nichoirs à oiseaux

Dimension des nichoirs pour diverses espèces d'oiseaux

Espèces

Diamètre de
l'entrée (cm)
Dimensions du
plancher (cm)
Hauteur des
murs (cm)
Hauteur minimale
au-dessus du sol (m)
Sur poteau ou
arbre près des
buissons
Sur poteau ou
arbre en terrain
découvert



Troglodyte familier


2,5


10 x 10


15


1,8


oui


--


Mésanges

Sittelles

Pic mineur


3,1

3.1

3,1


10 x 10

10 x 10

10 x 10


20

20

20


1,8

1,8

1,8


oui

oui

oui


--

--

--


Merle bleus

Hirondelle bicolore

Moineau domestique


3,8

3,8


3,8


13 x 13

13 x 13


13 x 13


25

25


25


2,1

2,1


2,1


--

--


--


oui

oui


oui


Pic à tête rouge


4,4

13 x 13

31,3

3

--

oui


Pic chevelu

Tyran huppé

Étourneau


5.0

5,0


5,0


12,5 x 12,5

12,5 x 12,5


12,5 x 12,5


31,3

31,3


31,3


3

3


3


--

--


--


oui

oui


oui


Pic flamboyant

Petit Garrot


6,3


6,3


15 x 15


15 x 15


37,5


37,5


3


3


--


--


oui


oui


Petits ducs

Crécerelle
d'Amérique

 


7,5

7,5


20 x 20

20 x 20


42,5

42,5


4,5

4,5


--

--


oui

oui

Canard branchu

Harle couronné

Garrot à œil d'or

7,5 x 10 oval

7,5 x 10 oval

7,5 x 10 oval

25 x 25

25 x 25

25 x 25

50

50

50

2,4

2,4

2,4

oui

oui

oui

oui

oui

oui


Hirondelle noire


5

15 x 15*

15

2,4

--

oui


* Surface intérieure du plancher

Autres conseils

SÉCURITÉ PUBLIQUE ET AMÉNAGEMENT FAUNIQUE

Pour certaines personnes, les parcs sont souvent perçus comme des endroits peu sûrs. Ils comportent parfois des secteurs où un usager peut-être isolé des autres, où les cachettes sont nombreuses, et la fréquentation, variable. La sécurité des visiteurs peut-être un problème réel ou perçu.

Parmi les interventions le plus souvent employées pour améliorer la qualité des habitats fauniques, la création de bosquets, en particulier d'arbustaies hautes, peut sembler contraignante pour le sentiment de sécurité des usagers et rendre difficiles à accepter certains projets d'aménagement. Il s'agit alors d'intégrer les aspects de sécurité publique dans le concept d'aménagement. Par exemple, on installera les plantations hautes à une certaine distance des sentiers de façon à prévenir la sensation d'insécurité qui pourrait naître chez certains usagers, lors d'un passage dans un corridor de végétation trop dense. Dans les endroits qui pourraient s'avérer problématique, l'utilisation d'espèces végétales épineuses peut décourager des malfaiteurs d'employer les bosquets d'arbustes comme cachette.

Afin d'augmenter la sécurité dans les parcs, on suggère de favoriser l'achalandage, notamment celui des groupes et des clubs. L'amélioration des habitats fauniques, en permettant un accroissement de la diversité des espèces d'oiseaux, provoque un intérêt supérieur chez les groupes d'ornithologues, les clubs de loisirs scientifiques, etc. Il s'agit d'une clientèle d'observateurs soucieux de la qualité de l'expérience vécue lors de leur visite, ce qui amène une surveillance " naturelle " des espaces verts susceptibles de diminuer le risque de méfaits.


OISEAUX ET AUTRES ESPÈCES INDÉSIRABLES

En aménageant un espace vert pour favoriser certaines espèces aviaires, il est probable que vous attirerez, du même coup, d'autres espèces animales non visées. Certaines, comme les prédateurs " naturels " font partie de la chaîne alimentaire et ne doivent, à ce titre, faire l'objet d'aucune mesure de répression ou de contrôle. C'est le cas des oiseaux de proie diurnes, comme les éperviers, qui pourraient chasser les passereaux et autre petits oiseaux foisonnant au voisinage des postes d'alimentation.

Par contre, la présence (ou l'abondance) de certaines autres espèces animales particulièrement bien adaptées au milieu urbain pourrait comprendre les objectifs d'accroissement de la biodiversité que vous vous êtes fixés en aménageant le milieu. Ces espèces opportunistes peuvent soit faire concurrence aux espèces visées en exploitant de façon excessive les nouvelles ressources disponibles, soit tirer profit des structures que vous avez installées pour effectuer une prédation exagérée au détriment de ces espèces. Les écureuils, les oiseaux noirs (Étourneau sansonnet, Quinscale bronzé, Carouge à épaulettes, Vacher à tête brune, etc.), les moineaux domestiques, les goélands et pigeons, les ratons laveurs ainsi que les chiens et les chats domestiques en font partie.

À moins que ce ne soit pour régler un problème grave (p. ex. : la présence d'un animal atteint de rage), vous ne devez envisager aucune méthode de contrôle ou de répression directe (capture et relocalisation ou élimination) à leur endroit; en plus de nécessiter des autorisations, ces procédures sont incompatibles avec les objectifs de conservation et de restauration du milieu pour la faune qui sous tendent les projets d'aménagements fauniques. On peut toutefois prendre quelques précautions en concevant les structures de façon à minimiser les problèmes potentiels avec ces espèces.

Lors de la construction et de l'installation des nichoirs, il est impératif de respecter les critères de conception propres à chacune des espèces qu'on souhaite attirer (dimensions globales, dimensions de l'ouverture, présence ou absence de plate-forme, nature et hauteur du support, etc.). Sans être assorties d'une garantie absolue, ces précautions peuvent réduire considérablement le risque de voir les nichoirs occupés ou parasités par des espèces non recherchées, et compliquent la tâche des prédateurs potentiels.

Les postes d'alimentation doivent aussi être conçus et installés avec soin afin d'en éviter l'utilisation excessive par des espèces non visées. À cette fin, on doit choisir les types de mangeoires appropriés et les installer à une hauteur suffisante et à l'aide d'un mode de suspension adéquat. L'ajout de longs cylindres ou d'entonnoirs inversés, conçus en matériaux lisses et installés sur les poteaux servant de support aux postes d'alimentation, en réduit l'accès aux écureuils et autres prédateurs terrestres. Les mangeoires doivent aussi être placées à distance suffisante de la végétation environnante, des clôtures et des fils électriques, qui peuvent servir d'abri aux prédateurs et de tremplin aux espèces chapardeuses.

Si leur emploi est utile dans certaines conditions particulières, les mangeoires de type " plateau " et celles placées au sol comportent certains inconvénients. Les premières risquent d'attirer écureuils, pigeons et oiseaux noirs, qui effarouchent souvent les espèces aviaires de petite taille. Les secondes sont plus faciles d'accès pour les chapardeurs, dont les écureuils et ratons laveurs, et les prédateurs terrestres, dont les chats et les chiens. À noter que l'emploi de maïs, dans ces postes d'alimentation, augmente leur attrait pour les ratons laveurs et les oiseaux noirs (voir annexe 4). Les deux types de mangeoires coûtent plus cher en graines.

Les Étourneaux sansonnets et les Moineaux domestiques nichent volontiers dans les entre-toits et autre ouvertures d'infrastructures artificielles. Le fait de leur en interdire l'accès

Lors de la construction et de l'installation des nichoirs, il est impératif de respecter les critères de conception propres à chacune des espèces qu'on souhaite attirer (dimensions globales, dimensions de l'ouverture, présence ou absence de plate-forme, nature et hauteur du support, etc.). Sans être assorties d'une garantie absolue, ces précautions peuvent réduire considérablement le risque de voir les nichoirs occupés ou parasités par des espèces non recherchées, et compliquer la tâche des prédateurs potentiels.

Les postes d'alimentation doivent aussi être conçus et installés avec soin afin d'en éviter l'utilisation excessive par des espèces non visées. À cette fin, on doit choisir les types de mangeoires appropriés et les installer à une hauteur suffisante et à l'aide d'un mode de suspension adéquat. L'ajout de longs cylindres ou d'entonnoirs inversés, conçus en matériaux lisses et installés sur les poteaux servant de support aux postes d'alimentation, en réduit l'accès aux écureuils et autres prédateurs terrestres. Les mangeoires doivent aussi être placés à distance suffisante de la végétation environnante, des clôtures et des fils électriques, qui peuvent servir d'abri aux prédateurs et de tremplin aux espèces chapardeuses.

Si leur emploi est utile dans certaines conditions particulières, les mangeoires de type " plateau " et celles placées au sol comportent certains inconvénients. Les premières risquent d'attirer écureuils, pigeons et oiseaux noirs, qui effarouchent souvent les espèces aviaires de petite taille. Les secondes sont plus faciles d'accès pour les chapardeurs, dont les écureuils et ratons laveurs, et les prédateurs terrestres, dont les chats et les chiens. À noter que l'emploi de maïs, dans ces postes d'alimentation, augmente leur attrait pour les ratons laveurs et les oiseaux noirs (voir annexe 4). Les deux types de mangeoires coûtent plus cher en graines.

Les Étourneaux sansonnets et les Moineaux domestiques nichent volontiers dans les entre-toits et autres ouvertures d'infrastructures artificielles. Le fait de leur en interdire l'accès en obstruant les orifices, ou en le s munissant de grillage, diminue le pouvoir d'attraction du milieu sur ces espèces.

Les groupes de pigeons et de goélands qui sévissent dans certains parcs urbains réduisent la salubrité du milieu et chassent, par leur nombre et leur attitude belliqueuse, plusieurs espèces de petits oiseaux. Il faut donc voir à ce qu'ils ne soient pas nourris par les usagers de l'espace vert aménagé, que ce soit par une réglementation appropriée ou par une compagne d'information. Une végétation arbustive basse et une moindre superficie des zones ouvertes réduisent considérablement l'attrait du milieu pour les goélands; ces espèces se nourrissant au sol préfèrent les vastes aires gazonnées, où elles sont moins susceptibles de faire l'objet de prédation. Enfin, l'enlèvement régulier des déchets permet de réduire l'attrait de l'espace vert non seulement pour les pigeons et les goélands, mais aussi pour les ratons laveurs, les mouffettes et les rats.


LES ESPÈCES VÉGÉTALES INDÉSIRABLES

Lors de la planification des plantations, certaines espèces végétales sont à proscrire ou, du moins, à utiliser avec discernement.

Les essences envahissantes, qu'elles soient indigènes ou exotiques, peuvent se répandre rapidement et supplanter les autres espèces présentes aux alentours. Elles amènent ainsi un appauvrissement de l'habitat, ce qui est rarement profitable aux espèces animales. De plus, elles sont souvent très difficiles à extirper du milieu lorsqu'elles y sont implantées.

C'est notamment le cas de la Salicaire pourpre, une espèce exotique dotée de fleurs pourpres en épis, souvent présente dans les fossés longeant les routes, sur les berges des cours d'eau et dans les milieux humides. Elle s'installe et prospère si bien dans les tourbières qu'elle finit par les " étouffer " en occupant tout l'espace. D'autres plantes, comme le Phalaris roseau - pourtant indigène - , sont aussi à surveiller, à ce chapitre.

Bien que certaines espèces offrent un grand intérêt pour la faune aviaire, elles présentent aussi parfois certains inconvénients. Par exemple, l'IF du Canada, qui est un conifère de faible taille, portant des fruits rouges (arilles) très attrayants pour certaines espèces d'oiseaux, ne peut-être utilisé à proximité d'aires de jeu, de zones de pique-nique ou d'autres secteurs où évoluent plus ou moins librement de jeunes enfants, car toutes les parties de la plante sont toxiques pour les humains.

Le Sumac grimpant, communément appelé " Herbe à la puce ", est aussi consommé par certains oiseaux. Il n'est pas souhaitable d'en faire usage volontairement dans les zones fortement fréquentées (ou le sumac est souvent présent à l'état naturel), étant donné son effet irritant bien connu chez un grand nombre de personnes.

Le Célastre grimpant est une espèce utilisée à la fois comme ressource alimentaire et comme abri par plusieurs espèces d'oiseaux. Cependant, comme l'indique son surnom de " Bourreau des arbres ", cet arbuste peut tuer l'arbre autour duquel il s'enroule. Il faut donc user de l'espèce avec parcimonie ou même s'abstenir de l'utiliser.

Certaines espèces d'arbres ou d'arbustes, particulièrement les espèces hydrophiles , développent un système racinaire imposant. Elles peuvent ainsi causer des dommages aux canalisations souterraines ou aux solages des bâtiments voisins. Il faut donc les en éloigner suffisamment au moment des plantations. Les Saules et l'Érable argenté entrent dans cette catégorie.

Pour des raisons de sécurité, d'autres espèces arborescentes, qui atteignent des tailles imposantes à l'âge adulte, ne devraient pas être plantées sous des fils électriques aériens. Enfin, plusieurs municipalités interdisent l'usage de certaines espèces d'arbres. Renseignez-vous.

POURQUOI CHOISIR DES ESPÈCES VÉGÉTALES INDIGÈNES ?

Plusieurs raisons motivent le choix d'espèces végétales indigènes, de préférence à des espèces exotiques. D'abord, on cherche à recréer le milieu naturel régional. Les espèces végétales indigènes attirent principalement des oiseaux naturellement présents sous nos latitudes, plutôt que des espèces introduites, comme le Moineau domestique ou l'Étourneau sansonnet (Martin et coll. 1951, cité par Cyr 1987).

De fait, les essences indigènes seraient davantage utilisées par les espèces d'oiseaux au régime alimentaire spécialisé, alors que les essences exotiques auraient la faveur des oiseaux plus généralistes. L'emploi de végétaux indigènes contribue à maintenir une diversité élevée d'espèces d'oiseaux (Sears et Anderson 1991). De plus, les végétaux indigènes à votre région sont bien adaptés aux conditions climatiques et présentent, en général, une bonne résistance aux maladies et aux infestations d'insectes locaux. Si les conditions qui prévalent sur votre site sont adéquates pour elles, ces espèces s'y maintiendront d'elles-mêmes, sans qu'une intervention ultérieure ne soit requise de votre part.

Par ailleurs, les végétaux exotiques peuvent s'avérer envahissants et faire concurrence aux espèces indigènes locales, jusqu'à les éliminer. En introduisant ces espèces sur votre site, vous pourriez rompre l'équilibre du milieu que vous cherchez à créer et même perturber les habitats naturels voisins.

Même si certaines espèces indigènes sont difficiles à trouver sur le marché, il faut résister à la tentation de récolter les plants nécessaires à votre projet directement dans le milieu naturel. Il serait, en effet, mal avisé d'endommager un habitat fonctionnel pour en créer un autre ailleurs. Mieux vaut donc se procurer les plants dans une jardinerie ou une pépinière.

Choisissez, de préférence, des variétés produites à partir de semis québécois et même si possible, de votre région, qui seront mieux adaptées aux conditions de votre site. Faites-vous certifier que les végétaux indigènes que vous achetez sont produits à partir de graines, et non cueillis dans la nature.


LE CHOIX DES VÉGÉTAUX

Plusieurs facteurs peuvent motiver le choix des espèces végétales et des modes de plantation pour un site donné. Certains sont d'ordre économique et pratique : le budget du projet, la disponibilité des graines ou des plants sur le marché, le taux de survie des plants, le nombre et l'âge des planteurs, etc. Les prix varient considérablement selon les espèces choisies. Les variétés cultivées à grande échelle en pépinière sont souvent offertes à un prix unitaire moindre que celles qui sont moins en demande.

Le choix même d'un type de plant comporte à la fois des avantages et des inconvénients.
Pour une même espèce, il est parfois possible de se procurer des graines, des semis en multicellules, des plants à racines nues, en motte ou en contenant. Les semis en multicellules sont plus économiques, plus faciles à manipuler et plus rapidement plantés que les plants en motte ou en récipient; par contre, ils présentent généralement un taux de survie très inférieur. Les plants à racines nues, en motte ou en contenant arrivent aussi plus rapidement à maturité que les graines et les semis et, par conséquent, permettent d'atteindre plus rapidement les objectifs visés par les aménagements. La variété des types de semis et de plants disponibles en pépinière ou en jardinerie est différente d'une espèce à l'autre. Pour faire un choix éclairé, on peut consulter plusieurs organismes publics ou privés qui se spécialisent dans la plantation.

La région biogéographique où se fera l'aménagement est un facteur qui peut influencer le succès des plantations. Il importe que les espèces choisies soient suffisamment rustiques pour la latitude et permettent de recréer des associations végétales convenant à la région.

L'espace vert choisi peut lui-même comporter plusieurs secteurs de natures distinctes (champs, zones riveraines, forêts, monticules, cuvettes, etc.), qui sont dotés chacun de caractéristiques biophysiques propres : type de sol, drainage, pente du terrain, degré d'ensoleillement et d'exposition aux intempéries, acidité, etc. Les espèces végétales sélectionnées pour chaque habitat doivent pouvoir s'établir et prospérer sans que des interventions constantes ne soient nécessaires pour les y maintenir.

Afin d'assurer la sécurité des usagers et l'intégrité des composantes artificielles du milieu, on doit tenir compte de certains éléments contraignants, comme la présence d'infrastructures, de voies d'accès, de canalisations souterraines ou de fils aériens. Enfin, il faut s'assurer que les espèces sélectionnées ne sont pas interdites dans la municipalité où se trouve le site.


LA PLANTATION D'ARBRES ET D'ARBUSTES

Certaines procédures permettent d'accroître les chances de succès des plantations d'arbres et d'arbustes.

Entre le moment de leur réception et celui où ils sont mis en terre, les plants doivent être conservés à l'abri du soleil et des intempéries, et leurs racines, couvertes, afin d'en prévenir le dessèchement. Les plants qui ne sont ni en motte, ni en récipient doivent être plantés dès que possible ou, à tout le moins, placés en jauge.

De façon générale, les meilleures périodes pour planter arbres et arbustes sont le printemps, après le dernier gel (mais avant l'ouverture des bourgeons pour les feuillus), et l'automne, avant le premier gel (après la chute des feuilles pour les feuillus). On peut aussi les mettre en terre pendant l'été, mais le taux de survie des plants risque d'être inférieur, surtout si ceux-ci ne sont ni en mottes, ni en récipient. Si tel est le cas pour votre projet, voyez à ce que les plants reçoivent un arrosage adéquat. La mise en terre doit se faire de préférence tôt le matin ou en fin d'après-midi et, si possible, par temps couvert.

Lors de leur plantation, les arbres et arbustes doivent être placés dans des trous de taille suffisante pour contenir les racines entièrement déployées. La terre de remplissage du trou doit être amendée, si nécessaire, à l'aide de compost ou de terreau. Au moment du remplissage du trou, la terre doit être tassée et former une cuvette autour du tronc. Le sol doit être arrosé et couvert de paillis (lequel permet de maintenir un taux d'humidité suffisant et de contrôler la croissance de végétation concurrente sur le pourtour du plant).

Si nécessaire, on installe des tuteurs et on ceinture le tronc d'une gaine ou d'une spirale de plastique (on peut aussi installer un grillage métallique) qui protégera l'arbre contre le broutement des rongeurs, des lapins (ou des lièvres) et des chevreuils.

Les plants doivent être espacés en tenant compte du déploiement des différentes espèces à maturité. Pour obtenir une plantation d'allure naturelle, il faut éviter de planter en rangées. Mieux vaut placer les plants de façon irrégulière, par exemple en quinconce, dans un désordre organisé.


PESTICIDES, RODENTICIDES, HERBICIDES ET ENGRAIS CHIMIQUES

En plus d'ajouter des coûts importants à un projet d'aménagement, les pesticides, rodenticides et herbicides chimiques peuvent nuire aux oiseaux (et à plusieurs autres espèces animales, d'ailleurs) autant directement qu'indirectement.

En effet, certaines substances et leurs produits de dégradation peuvent intoxiquer plusieurs espèces aviaires ou réduire de façon substantielle le nombre ou la variété des proies dont elles se nourrissent. Les engrais chimiques, quant à eux, sont souvent inutiles lorsque le sol a été correctement apprêté avant la plantation. Du paillis ou du fumier peuvent souvent être utilisés en remplacement des engrais. Les végétaux morts laissés en place jouent le même rôle.

Dans la mesure du possible, il est préférable d'avoir recours à des méthodes plus naturelles. Un paillis de copeaux de bois ou des toiles géotextiles étendus au sol peuvent souvent faire office d'herbicides qu'il s'agisse d'étouffer de la pelouse avant une plantation ou de favoriser la croissance de plants nouvellement mis en terre par le contrôle de la végétation concurrente.

Des méthodes mécaniques peuvent aussi être utilisées. Pour protéger les jeunes arbres et arbustes contre le broutement des rongeurs, on peut installer des gaines ou des spirales de plastique, ou même des grillages autour des troncs.


LA STABILISATION DE BERGES

L'érosion des rives est un phénomène naturel. Il s'agit d'un mécanisme d'ajustement à diverses contraintes hydrauliques ou mécaniques. L'activité humaine peut, comme c'est le cas dans certains parcs publics, accélérer ou amplifier les phénomènes d'érosion, ou encore envisager la stabilisation de berges afin de conserver ou de créer des habitats riverains.

La végétation riveraine constitue un habitat pour la faune et la flore, une barrière contre l'apport de sédiments aux cours d'eau, un écran contre le réchauffement excessif de l'eau un régulateur du cycle hydrologique, un filtre pour les nutriments et un brise-vent naturel.

L'emploi des végétaux à la place de matériaux de construction inertes, pour la stabilisation des berges, présente plusieurs avantages. Les techniques végétales offrent une résistance souple aux forces érosives, gagnent en stabilité avec le temps et peuvent très facilement s'adapter à d'autres méthodes de stabilisation. En berge, elles augmentent la capacité de la rive à résister aux forces de cisaillement produites par le courant, grâce à la mise en place d'un réseau de racines, et protègent la rive en amortissant l'impact mécanique des pluies, freinant l'eau du ruissellement et en formant un coussin végétal qui protège le sol.

Bien que les techniques végétales soient très avantageuses, elles ne peuvent solutionner tous les problèmes. Ainsi, pour préserver l'intégrité des berges contre une trop forte pression due au courant naturel, aux apports d'eau irréguliers, comme un évacuateur de crue, ou dans le cas d'attaque printanière des glaces sur le littoral, il est parfois nécessaire de recourir à des aménagements qui font intervenir des matériaux inertes, comme la roche, les murets ou le géotextile. Cependant, il est de mise d'intégrer, dans la mesure du possible, des végétaux afin de créer un habitat pour la faune.

Pour être pleinement efficace et recréer le milieu naturel, la bande riveraine doit comporter trois strates de végétation : herbacée, arbustive et arborescente. La première protège surtout en surface, tandis que les deux autres offrent une protection plus étendue et plus en profondeur. La flexibilité des espèces arbustives leur permet de survivre dans des conditions difficiles, notamment en s'ajustant aux dommages causés par la neige, les glaces ou les matériaux charriés par l'eau.

Une bande de protection trop étroite ne permet pas une réelle implantation de la végétation arborescente, ni une grande variété d'arbustes. Ces derniers seront choisis en fonction de leur position sur la berge et de leur tolérance aux inondations. Ils devront posséder un système racinaire qui s'implante profondément dans le sol, être résistants aux forces d'arrachement et montrer une grande capacité de régénération après abris. Selon les conditions qui prévalent sur un site donné, des bandes riveraines de 10 à 15m de largeur sont généralement recommandées pour assurer une protection contre l'érosion.

Le Guide de protection des rives et du littoral, publié par le ministère de l'Environnement et de la Faune du Québec, indique plusieurs méthodes d'intervention faisant appel à des végétaux pour stabiliser la berge.

LE CALCUL DU NOMBRE DE VÉGÉTAUX NÉCESSAIRES

À moins que vous envisagiez de ne planter que quelques végétaux ici et là, il vous sera nécessaire d'effectuer certains calculs pour obtenir une estimation réaliste du nombre de plants d'arbres, d'arbustes et d'herbacées requis pour chaque zone d'intervention de votre site d'aménagement.

Pour chacune de ces zones, vous devez avant tout déterminer, à la lumière des recommandations figurant à la section " Stratégies et options d'aménagement ", la superficie de plantation. Comme les plantations sont généralement constituées de mélanges d'espèces, il faut ensuite choisir quelle proportion de l'aide globale sera occupée par chacune d'elles.


LES ARBRES ET LES ARBUSTES

Pour estimer le nombre de plants d'arbres ou d'arbustes d'une espèce donnée nécessaire pour couvrir une certaine superficie, il faut d'abord connaître son déploiement, c'est-à-dire le diamètre moyen atteint par la couronne d'un individu à maturité. L'annexe 3 fournit cette information pour plusieurs espèces indigènes. (Comme il existe souvent plusieurs variétés d'une même espèce sur le marché, il est toutefois suggéré de consulter des guides horticoles ou de vous renseigner auprès de vos fournisseurs de végétaux pour connaître le déploiement particulier des variétés employées). Cette donnée permet de connaître l'aire couverte par un individu et de calculer, par la suite, le nombre de plants de cette espèce requis pour couvrir la portion sélectionnée de la surface de plantation.

Voici un cas hypothétique qui permet d'illustrer la procédure à suivre.

Une plantation de 20m sur 25 (500m2) doit être composée d'un agencement des espèces a, b, c et d. La proportion de la superficie occupée par chacune des espèces sera la suivante : a couvrira 35% de la superficie (175 m 2); b couvrira 30% de la superficie (150m2), c couvrira 20% de la superficie (100m2) et d couvrira 15% de la superficie (75m2).


Espèce a : Mesures individuelles
Diamètre (déploiement) : 7m
Rayon : diamètre divisé par 2= 3,5m
Aire : pr2 = 3,1416 x (3,5m)2 = 38,5m2
Nombre de plants requis
Superficie occupée par l'espèce dans la plantation divisé par aire d'un individu = 175 m2 divisé par 38,5m2 = 4,5 plants


Espèce b : Mesures individuelles
Diamètre (déploiement) : 4,5m
Rayon : diamètre divisé par 2 = 2,25m
Aire : pr2 = 3,1416 x (2,25m)2 = 15,9m2
Nombre de plants requis
Superficie occupée par l'espèce dans la plantation divisé par aire d'un individu = 150m2 divisé par15,9m2 = 9,4 plants

Espèce c : Mesures individuelles
Diamètre (déploiement) : 2m
Rayon : diamètre divisé par 2 = 1m
Aire : pr2 = 3,1416 x (1m)2 = 3,1m2
Nombre de plants requis
Superficie occupée par l'espèce dans la plantation divisé par aire d'un individu = 100m2 divisé par 3,1m2 = 32,3 plants.

Espèce d : Mesures individuelles
Diamètre (déploiement) : 1m
Rayon : diamètre divisé par 2 = 0,5m
Aire : pr2 = 3,1416 x (0,5m)2 = 0,8m2
Nombre de plants requis
Superficie occupée par l'espèce dans la plantation divisé par aire d'un individu = 75m2 divisé par 0,8m2 = 93,7 plants.

LES PLANTES HERBACÉES

En ce qui a trait aux espèces herbacées, c'est à partir de l'espacement suggéré entre les plants par le producteur que vous pourrez évaluer le nombre de plants. Consultez les guides horticoles ou les jardineries pour connaître cet espacement pour les espèces végétales choisies.
Vous pouvez effectuer un calcul analogue à celui présenté ci-dessus (en remplaçant le diamètre par l'espacement nécessaire entre les plants d'herbacées). Si vous avez recours à des graines d'herbacées en sac, utilisez les consignes des producteurs pour évaluer vos besoins : ceux-ci spécifient généralement la superficie couverte par une quantité de graines donnée.

On peut choisir d'effectuer des plantations plus espacées ou plus denses que celles suggérées ci-dessus. Toutefois, à moins que vous ne soyez très pressés d'obtenir des résultats, n'effectuez pas de plantations plus denses que nécessaire. N'oubliez pas qu'après quelques années, la nature effectuera elle-même son œuvre : les végétaux plantés et leurs rejetons combleront l'espace disponible. Après coup, vous pourrez toujours ajouter quelques plants supplémentaires, si le besoin s'en fait sentir. Vous optimiserez ainsi vos efforts et l'argent dont vous disposerez.

L'important est surtout de créer des structures et des agencements de végétaux favorables à l'établissement d'espèces aviaires, à moyen ou à long terme. Dans le doute, examinez des milieux naturels de types comparables à ceux que vous cherchez à créer et utilisez-les comme guides.


LE CALCUL DES BESOINS EN MAIN-D'ŒUVRE

Les besoins en main-d'œuvre varient selon l'ampleur du travail à effectuer aux différentes phases du projet : préparation préalable du terrain, plantations et installation des structures de nidification, de mangeoires, etc. finalisation et entretien initial. Le type et la taille des plants choisis pourront aussi faire fluctuer le nombre d'heures de travail requis (voir à ce sujet l'annexe 3).

De la même façon, l'expérience et l'âge des participants doivent être pris en considération au moment de l'évaluation des besoins. Des adultes novices, des personnes âgées ou des enfants, par exemple, travailleront plus lentement que des adultes rompus aux travaux d'aménagement. Moins les participants sont expérimentés, plus il est important de prévoir une marge de manœuvre en termes de nombre de personnes requises ou de durée d'exécution.

Les facteurs climatiques (p. ex, canicule ou pluie intermittente) pourraient aussi avoir une incidence sur l'efficacité de la main-d'œuvre, les jours de travaux.

L'estimation de vos besoins en main-d'œuvre vous permettra d'obtenir le nombre d'heures-personnes requises pour chacune des phases de votre projet. Cette information vous sera utile autant lors des demandes de fonds (peu importe que ces heures soient rémunérées ou non) qu'au moment de l'organisation de vos travaux de terrain.

Le temps requis pour la préparation du terrain comme pour la finalisation du projet peut varier considérablement selon l'état du terrain, le nombre et la nature des aménagements que vous y effectuerez et l'équipement dont vous disposerez. Identifier soigneusement toutes les opérations à effectuer et estimez le temps requis pour chacune d'elles.

LES PLANTATIONS

En ce qui a trait aux plantations, c'est surtout le nombre d'arbres et d'arbustes et le type de plants à mettre en terre en détermine le nombre d'heures-personnes nécessaires. Quoiqu'ils ne permettent pas d'obtenir un chiffre absolu, certains indicateurs peuvent vous aider à déterminer vos besoins en main-d'œuvre à ce chapitre.

On évalue qu'une équipe de 5 personnes expérimentées plante 250 arbres ou 2500 arbustes de petite taille par journée de 7,5 heures. On peut donc estimer que 6,7 arbres ou 66,7 arbustes seront, en moyenne, plantés à chaque heure par une personne.

Voici une méthode de calcul qui vous permettra d'estimer grossièrement le temps requis pour réaliser vos travaux de plantation d'arbres et d'arbustes. Prenons un exemple permettant d'illustrer la méthode utilisée.

Un projet d'aménagement implique la plantation de 500 arbres et de 3000 arbustes.

Heures-personnes requises pour la plantation d'arbres :
1 heure-personne divisé par 6,7 arbres = (x) heures-personnes divisé par 500 arbres (x) = 74,6 heures-personnes.

Heures-personnes requises pour la plantation d'arbustes :
1 heure-personne divisé par 66,7 arbustes = (y) heures-personnes divisé par 3000 arbustes (y) = 45,0 heures-personnes.

Heures-personnes totales requises pour la plantation d'arbres et d'arbustes : (x) + (y) = 74,6 + 45,0 = 119,6 heures-personnes.

Il faudra donc près de 6 heures à une équipe de 20 personnes, ou 4 heures à une équipe de 30 personnes, pour réaliser le travail de plantation.

Rappelez-vous, toutefois, qu'il s'agit d'équipes de planteurs aguerris, travaillant de façon intensive. Par conséquent, prévoyez davantage de temps pour des bénévoles, particulièrement s'ils sont très jeunes ou âgés. Si vos plantations impliquent la mise en terre d'arbres ou d'arbustes de taille importante, il faudra aussi prévoir plus de temps. N'oubliez pas d'évaluer le temps nécessaire à la plantation des végétaux herbacés ou à l'épandage des graines.

L'installation de nichoirs, de postes d'alimentation et de bassins d'eau

La construction de nichoirs, de postes d'alimentation et de bassins d'eau peut-être plus ou moins longue, selon la taille et la complexité des structures, l'expérience du constructeur en matière de menuiserie et de bricolage, et l'outillage qu'il a à sa disposition. Une personne habile et bien outillée mettra au moins 5 heures pour construire un dispositif simple, et un minimum de 10 heures pour en bâtir un plus complexe (les nichoirs à hirondelles grégaires, par exemple).

De la même façon, la durée d'installation des nichoirs et postes d'alimentation est très variable. La nature (taille, poids, mode de suspension) du dispositif et son emplacement (secteur éloigné des accès, exposé au vent ou présentant un risque de vol ou de vandalisme élevé) sont des facteurs à prendre en considération à ce chapitre. Aussi faut-il compter au moins 30 minutes pour installer chaque dispositif.

Les emplacements de nidification pour le Martin-pêcheur et l'Hirondelle de rivage, où les bassins d'eau à même le sol sont des structures plus complexes, dont la fabrication doit souvent s'échelonner sur de nombreuses heures, réparties en plusieurs jours.


MATÉRIAUX ET MACHINERIE SOUVENT UTILISÉS

Machinerie et équipement

Véhicules pour le transport des gens et des matériaux
Véhicules tout-terrain et remorques
Rotoculteur
Citernes d'eau
Boyaux d'arrosage et seaux
Brouettes

Matériaux

Plants d'arbres, d'arbustes et d'herbacées
Graines
Nichoirs
Postes d'alimentation
Cuvettes ou toiles géotextiles pour les bassins d'eau
Gants
Bâches (pour couvrir les plants non encore mis en terre)
Pelles et bêches, masses, cisailles, marteaux, tournevis, pinces, etc.
Vis, clous, etc.
Étiquettes ou rubans de couleur (pour identifier les différentes espèces d'arbres et marqueurs)
Tuteurs (poteaux, fils métalliques et bandes de caoutchouc)
Protecteurs contre le broutement (gaines ou spirales de plastique ou de caoutchouc, grillages, etc.)
Haubans (câbles métalliques et bandes de caoutchouc)
Bois
Terre, terreau et fumier
Paillis
Ciment (pour la base des poteaux de nichoirs et de postes d'alimentation et la construction de bassins d'eau)

Divers

Bureau
Papeterie
Photocopies
Photos de développement
Timbres

Terrain

Permis
Papiers d'assurances
Cartes du site et des emplacements d'aménagement pour chaque équipe de travail
Papiers, cahiers et crayons

Téléphones cellulaires
Walkies-talkies

Nourriture et boissons
Distributeurs d'eau
Verres, assiettes et ustensiles
Glacières
Trousse de premiers soins (avec les numéros téléphoniques des services d'urgence)
Toilettes chimiques
Poubelles et bacs à recyclage

LA CONSTRUCTION D'UN NICHOIR

Le modèle et la taille des nichoirs, de même que le diamètre de leur entrée (ouverture) doivent être adaptés selon les espèces aviaires visées (voir à ce sujet les fiches appropriées de " Stratégies et options d'aménagement "). Cependant, certaines règles générales s'appliquent quant à leur construction.

L'utilisation de bois traités pour résister aux intempéries ou de bois pressés est à proscrire, car ceux-ci peuvent dégager des éléments toxiques. Par ailleurs, les bois de conifères pourrissent moins facilement que les bois provenant d'arbres feuillus.

Le toit ou le plancher du nichoir devrait être amovible afin d'en permettre le nettoyage. Des trous dans le haut des murs, immédiatement sous le toit, et dans le plancher du nichoir permettent, respectivement, l'aération et l'écoulement de l'eau de pluie.
À moins d'indications contraires, on n'installe pas de perchoir ou de plate-forme à l'entrée du nichoir afin d'en diminuer l'attrait pour des espèces comme le Moineau domestique et d'en restreindre l'accès aux prédateurs. Afin d'empêche les prédateurs d'avoir accès au nid en grugeant et en agrandissant l'entrée, on peut installer, sur le trou d'entrée, une plaque de métal percée d'un trou de même diamètre.

Quoique cela ne soit pas souhaitable, si on désire peindre ou teindre l'extérieur du nichoir, il faut choisir un enduit exempt de plomb ou d'autres éléments toxiques et l'appliquer suffisamment longtemps avant la nidification pour que l'odeur soit disparue au moment de l'installation. On doit préférer une couleur discrète à une couleur vive.


L'INSTALLATION D'UN NICHOIR OU D'UN POSTE D'ALIMENTATION

Les nichoirs et postes d'alimentation doivent être solidement installés, dans la mesure du possible, hors d'atteinte des prédateurs terrestres (écureuils, ratons laveurs, chats, visons, etc.) et des vandales ou des voleurs potentiels.


Les nichoirs

Les caractéristiques d'installation des nichoirs varient selon les espèces aviaires visées. À cet effet, consultez les fiches appropriées des " Stratégies et options d'aménagement ". Toutefois, en respectant les conditions suivantes, vous pouvez accroître les chances que les oiseaux utilisent la structure. On attachera donc une attention particulière :

- Au type de suspension (arbre ou poteau);

- À l'élévation par rapport au sol ;

- À la position par rapport aux infrastructures (certaines espèces sont particulièrement farouches), à la végétation et aux plans d'eau environnants (selon l'habitat de prédilection de l'espèce);

- À l'espacement minimum entre nichoirs d'une même espèce (selon qu'elles soient grégaires ou concurrentes);

- À l'éloignement minimum par rapport aux milieux fréquentés par les espèces prédatrices ou parasites, etc.

Sauf mention contraire, les nichoirs doivent recevoir au moins quelques heures de soleil par jour. Par contre, l'entrée ne doit pas être exposée aux vents dominants et à la pluie, afin de ne pas hypothéquer la survie des nichées.

Les postes d'alimentation doivent être facilement accessibles en toute saison pour en permettre le nettoyage et le remplissage. En effet, une mangeoire située loin de tout sentier, dans le bois ou au milieu d'un champ, est peut-être aisément ravitaillée en été, mais il en ira tout autrement en hiver, alors qu'une épaisse couche de neige recouvrira le sol.

D'ailleurs, comme les postes d'alimentation sont souvent des pôles d'attraction pour les usagers qui désirent observer les oiseaux, il est souhaitable de les placer à proximité de sentiers.

Les postes d'alimentation

Les postes d'alimentation de différents types peuvent être réunis par groupes, mais en éloignant quelque peu ceux destinés aux petites espèces aviaires pouvant être effrayées par les plus grosses.

Les grillages et autres pièces métalliques sont à proscrire sur toutes les portions de mangeoire avec lesquelles les oiseaux peuvent entrer en contact, car elles pourraient leur causer des blessures en hiver.

La plupart des espèces aviaires seront plus enclines à fréquenter les postes d'alimentation et à utiliser les nichoirs si des perchoirs (de préférence des arbustes ou des arbres) se trouvent à proximité c'est-à-dire environ 5m de distance.

Toutefois, les postes d'alimentation doivent être installés suffisamment loin (au moins 3m) de la végétation adjacente et des bâtiments pour que les écureuils et autre prédateurs ou chapardeurs potentiels ne puissent s'en servir comme d'un tremplin. S'ils sont placés sur un poteau (2m de hauteur au moins), celui-ci doit être muni d'un entonnoir inversé, d'un collet horizontal circulaire ou d'une graine de plastique, ou encore enduit d'au moins 30cm de graisse. Si les nichoirs sont accrochés à des arbres, on peut aussi installer différents types de protection anti-prédateur aux troncs ou aux branches.

L'INSTALLATION D'UN BASSIN D'EAU AU SOL OU D'UNE VASQUE D'EAU SUR PIED

L,'eau peut-être fournie dans des bassins construits à même le sol ou dans des vasques sur pied préfabriquées. Leur fond doit être antidérapant et leur profondeur maximale ne doit pas excéder 5 à 7 cm. On peut placer plusieurs pierres en leur centre, lesquelles serviront de perchoirs.

S'il est préférable de placer les bassins et vasques à l'ombre et non loin de végétaux pouvant servir de perchoirs, il faut néanmoins les en éloigner suffisamment pour que d'éventuels prédateurs à l'affût ne puissent pas trop s'en approcher sans être vus. On verra à ne pas les installer sous des postes d'alimentation ou des perchoirs, afin d'éviter que l'eau ne soit souillée par les résidus de graines et les fientes.

Un dispositif dispensant l'eau au goutte-à-goutte ou sous forme de bruine permet d'accroître l'attrait du bassin pour les oiseaux. Dans les parcs situés loin de sources d'eau libre durant l'hiver, on peut munir les bassins de chauffe-eau submersibles de manière à ce qu'ils soient fonctionnels toute l'année. Cela suppose toutefois que l'on dispose de raccordements électriques appropriés.


L'ORGANISATION DU TRAVAIL DE TERRAIN POUR UN PROJET COMMUNAUTAIRE

Un projet communautaire d'aménagement fait souvent appel, pour les travaux de terrain, à des groupes de bénévoles ou à des clubs sociaux enthousiastes, mais parfois peu expérimentés. Il n'y a pas d'inconvénient majeur à ce que vous ayez recours à cette main-d'œuvre bénévole, pourvu qu'elle soit bien encadrée.

La première étape consiste à dresser la liste des participants. Prenez note des noms et coordonnées des groupes et des individus qui vous offrent leur aide pour les travaux d'aménagement. Mieux vaut en avoir plus que moins.

Ensuite, divisez les participants en équipes de terrain et partagez les tâches à effectuer. Identifiez des chefs d'équipes et assurez-vous qu'ils savent de façon précise ce qu'il y a à faire et de quelle façon s'y prendre. Il est très important que ces responsables soient adéquatement formés. Si personne de votre groupe n'a de connaissances valables dans l'aménagement et la plantation d'arbres, assurez-vous les services d'une personne expérimentée dans le domaine, qui prendra en charge la formation des chefs d'équipe et la coordination de l'ensemble du projet.

La prochaine étape consiste à organiser une réunion à laquelle vous convierez tous les participants au travail de terrain. Lors de cette rencontre :

- Présentez-leur brièvement le projet (contexte, objectifs visés, plans d'aménagement, etc), expliquez-leur le travail qu'ils auront à faire et dites-leur de quelle façon les choses seront organisées ;

- Profitez de l'occasion pour leur transmettre quelques notions techniques qui leur seront utiles (p. ex., de quelle façon planter un arbre). Ils seront par la suite encadrés par les chefs d'équipe;

- Remettez-leur une feuille sur laquelle figureront diverses informations telles : les dates et heures de travaux (ainsi que les dates alternatives en cas de pluie), des suggestions de tenue vestimentaire, la liste des outils que vous souhaitez les voir apporter, s'ils doivent ou non apporter un lunch, etc.

Si le projet a une certaine envergure, il importe d'engager une personne d'expérience, qui encadrera les chefs d'équipe et s'occupera de la coordination du projet. Quelques bénévoles pourront voir à l'organisation des activités suivantes : l'inscription des participants, la distribution des outils, les premiers soins, les repas et collations, la garderie, etc.

La personne responsable des inscriptions consigne le nom et les coordonnées des participants, leur remet les plans et instructions et les répartit par équipe de terrain. Le chef d'équipe distribue les outils et matériaux requis et note le nom de leur récipiendaire. (Si les participants apportent leurs propres outils, on leur demande de les identifier.) À la fin de la journée, il récupère l'outillage et les pièces d'équipement prêtées.

La personne chargée des premiers soins s'occupe des blessures mineures et, s'il y a lieu, achemine les cas plus sérieux vers une clinique ou un hôpital local. Idéalement, cette personne est un professionnel de la santé ou un secourisme.

La personne qui s'occupe des repas et collations voit, avec d'autres bénévoles, à la distribution des aliments, des boissons et de l'eau au cours de la journée.

Les jeunes enfants peuvent être pris en charge par une équipe de garderie pendant que leurs parents participent aux travaux. Les enfants plus âgés peuvent être intégrés aux équipes de terrain dans la mesure où ils ont supervisés par un adulte.

Dans le cas de gros projets, il peut être utile d'avoir une personne qui circule d'une équipe à l'autre pour assurer la liaison entre les équipes de terrain et l'équipe de coordination et faire part à cette dernière des problèmes. En cas de nécessité, elle fera aussi parvenir les matériaux manquants aux équipes de terrain.

Dans les cas de gros chantiers, il peut être avisé de faire appel à un architecte paysagiste ou à un consultant dans le domaine.


LES ZONES D'EXCLUSION

Lorsqu'une zone de plantation ou de reboisement naturel n'est pas clairement délimitée (notamment si les plants sont de petite taille), lorsqu'elle est située dans une portion du parc intensivement fréquentée par les usagers (p. ex., aires de jeu ou de pique-nique et sentiers) ou en bordure de secteurs faisant l'objet d'un entretien régulier (p. ex., pelouses fréquemment tondues et stationnements), elle risque de subir le piétinement ou l'empiètement par la machinerie d'entretien. Or, des perturbations fréquentes ou intensives peuvent hypothéquer la survie de jeunes plants.
Il est donc préférable d'identifier les limites de ces zones de plantation ou de reboisement à l'aide de clôtures temporaires, formées de rubans de plastique, de cordes ou de broche.

On peut aussi solliciter la collaboration des usagers en ajoutant des panneaux faisant état de la nature et du but d'une telle intervention. Cette dernière mesure sera plus efficace si elle est appliquée de concert avec un programme de sensibilisation des citoyens aux objectifs et aux résultats escomptés du projet d'aménagement.


LA PRÉVENTION DU VOL ET DU VANDALISME

Toute structure installée dans un lieu public est susceptible de subir le vandalisme ou de faire l'objet d'un vol. Les nichoirs, postes d'alimentation, bassins d'eau, etc. devraient donc être de construction solide, dans la mesure du possible, hors d'atteinte des pillards potentiels. Il faut les fixer solidement et éviter de les munir de pièces trop fragiles ou facilement amovibles. Sans être inesthétiques, ces installations devraient être simples et dépourvues de fioritures. (Mieux vaut éviter les " œuvres d'art ", qui exciteraient la convoitise, sans être, pour autant, plus attrayantes pour les oiseaux !)

Certains aménagements pourraient aussi être endommagés de façon involontaire par les usagers. Ce pourrait être le cas, par exemple, d'une plantation piétinée parce que ses contours sont peu ou pas circonscrits. Dans une telle situation, mieux vaudrait installer des ex clos et des panneaux explicatifs, renseignant les utilisateurs au sujet des buts visés par l'intervention.


SUIVI ET ENTRETIEN

Une fois les structures installées et les plantations réalisées, certaines interventions restent à faire pour assurer le succès du projet et maintenir en état les différents dispositifs.

À court terme (au cours des deux ou trois premières années suivant les aménagements), on doit procéder à l'arrosage régulier des plantations. Cela est particulièrement important en période de canicule. L'ajout de paillis ou d'engrais naturel sur le pourtour des plants peut parfois s'avérer rentable.

Les protecteurs d'arbres (gaines, spirales et grillages) doivent quelquefois être remplacés ou allongés pour suivre la croissance de l'arbre ou de l'arbuste (il faut que le plant soit couvert au-delà de l'épaisseur de la neige). Lorsque les plants d'arbres et d'arbustes sont bien établis, on peut les débarrasser de leur tuteur.

Les plantes bandes de fleurs annuelles destinées aux colibris doivent être renouvelées. Même si on laisse en place, dans la mesure du possible, les plants d'arbres ou d'arbustes morts, on doit parfois remplacer certains individus pour maintenir la fonction des plantations.

À plus long terme, on doit ravitailler les postes d'alimentation en graines et faire le nettoyage annuel des nichoirs. Au besoin, ces structures doivent être remplacées ou réparées. Si certains nichoirs restent inutilisés par les espèces aviaires visées, après quelques saisons, il peut être judicieux de les relocaliser.

Les sentiers doivent faire l'objet d'un entretien régulier afin d'en éviter la dégradation; un tracé imprécis pourrait inciter les usagers à déborder les limites du sentier et, par conséquent, à piétiner la végétation environnante.

Des ajustements sont parfois nécessaires pour faire face à des problèmes de vol ou de vandalisme.


L'ENTRETIEN D'UN NICHOIR

Pour les maintenir en état et assurer leur efficacité maximale, il faut entretenir régulièrement les nichoirs.

L'extérieur du nichoir doit être inspecté annuellement et, au besoin, être réparé ou repeint. Afin d'en maximiser la durée de vie, il est préférable de remiser les nichoirs pour l'hiver et de ne les réinstaller qu'au printemps.

L'intérieur doit être nettoyé après chaque nichée - certaines espèces d'oiseaux produisent plus d'une nichée par année -, afin d'empêcher la prolifération de parasites. On retire du nichoir tous les matériaux de nidification résiduels et on le désinfecte à l'aide de pyréthrine, un insecticide produit à partir de chrysanthèmes.

Certains canards et oiseaux de proie seront plus enclins à utiliser le nichoir qui leur est destiné si on y a préalablement déposé une litière formée de copeaux de bois ou d'herbes sèches.

Les supports à Hirondelles à front blanc doivent aussi être dépouillés de leurs nids de boue après la saison de reproduction.

Si le nichoir a été retiré pendant l'hiver, on le remet en place au printemps, peu avant l'arrivée présumée de l'espèce visée, afin d'éviter que certains nicheurs hâtifs, comme le Moineau domestique ou l'Étourneau sansonnet, se l'approprient. On peut aussi laisser le nichoir en place à l'automne et en obstruer le trou d'entrée jusqu'au retour de l'espèce, au printemps suivant.

Dans l'éventualité où le nichoir n'aurait pas été occupé par l'espèce aviaire ciblée après deux ou trois saisons de nidification, il pourrait être opportun de le relocaliser.


L'ENTRETIEN D'UN POSTE D'ALIMENTATION OU D'UN BASSIN D'EAU

Les postes d'alimentation peuvent être utilisés toute l'année ou uniquement pendant les périodes plus froides.

Toutes les mangeoires - mais plus particulièrement les plateaux au sol, qui sont exposés aux intempéries - doivent être nettoyés plusieurs fois par saison, surtout en été, de manière à empêcher la formation de moisissures.

Il est essentiel que les postes d'alimentation soient ravitaillés fréquemment et sans interruption, particulièrement l'hiver, alors qu'ils constituent une des principales sources d'alimentation pour plusieurs oiseaux.

Si les bassins ou les vasques ne sont pas munis de dispositifs permettant la circulation continuelle l'eau, celle-ci doit être remplacée tous les deux ou trois jours, et les fonds de cuvette, désinfectés, afin de prévenir la prolifération d'algues et de bactéries. Cela est particulièrement important pendant les canicules estivales.


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